Aux origines du coup de froid en Bourse de 2018 : Trading à haute fréquence, Algorithmes. Un trader togolais démystifie le sujet


Wall Street, le 05 Février 2018. La bourse vient d’être frappée par la foudre. À 15 heures, heure locale, le Dow Jones plonge et perd plus de 1500 points en quelques minutes. Jamais dans l’histoire de l’indice boursier les actions américaines n’avaient autant baissé en une journée. Près de 2000 milliards de dollars sont littéralement pulvérisés. New York n’est pas la seule place touchée. La chute des cours se répand comme une trainée de poudre. Francfort, Sydney, Tokyo ; la panique se propage. Nul ne sait pourquoi les cours sont-ils tombés si bas. Il n’y a aucune raison économique, des données conjecturelles encore moins de nouveaux chiffres alarmants sur le chômage. La seule explication trouvée se trouve aberrante : Les ordinateurs des traders ont été trop rapides.  Peu de temps, les cours se sont calmés, en partie due à la stabilité de l’environnement économique mondiale.

Posons notre regard sur l’essor de la finance à haute fréquence, un petit monde d’initiés où la discrétion est de rigueur.

Le trading en haute fréquence consiste en une réduction extrême des délais pour réaliser un échange sur les marchés financiers. Bien souvent, l’opération ne dure que quelques millisecondes, tout l’opposé des investissements à long terme pour lesquels les bourses ont été conçues à l’origine. Les temps d’accès aux marchés ou « latence » sont également raccourcis. C’est bien que le critère principal n’est plus la qualité de l’investissement, mais la rapidité à laquelle on réagit. Les transactions à haute fréquence ne sont pas assurées par des hommes, mais des systèmes informatiques qui opèrent de manière totalement autonomes. Au fond, ce sont des robots qui se font la guerre.

Ghislain AWAGA, trader professionnel togolais et PDG de Global Trade Corporation, s’exprime sur la question

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Des robots-traders. Leur terrain de bataille, ce sont les marchés financiers internationaux. Et tous les acteurs sont entrainés dans cette guerre. Autrement dit, tout ceux qui investissent en bourse, où dont l’argent est placé sur les marchés par des fonds d’investissement (les banques, les assurances ou des fonds de pension).

Le trading à haute fréquence est un système de spéculation automatisée Hi-Tech mais ultrarapide. Comment se fait-il qu’un épiphénomène touchant aux transactions boursières automatisées, l’accélération fulgurante des systèmes informatiques ait failli déclencher une crise financière mondiale ?

Ghislain AWAGA :

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Les traders à haute fréquence installent leurs ordinateurs au plus près des serveurs de bourse. Cette proximité, combinée à une connexion rapide est cruciale.

Exemple : Un fond de pension veut acheter 600.000 actions à 9 dollars 50 l’unité. Son ordre d’achat est transmis à différentes places boursières. Dans la première où l’ordre arrive, le trader à haute fréquence s’enregistre et s’active. Il envoie quelques ordres d’achat à toutes les bourses et ce, plus vite que le fond de pension. Grâce à cette connexion ultrarapide, il parvient à acheter toutes les actions au prix de 9,5 dollars et les propose ensuite au fond de pension à 9,51 dollars. En revendant ainsi ces titres, le trader à haute fréquence gagne 6000 dollars en quelques millisecondes sans prendre de risque.

Pour les traders à haute fréquence, il n’est même pas intéressant d’être actif en permanence. Car ils ne peuvent jouer de leur avantage que si les marchés financiers connaissent de fortes fluctuations à la suite de crises, de catastrophes ou de décisions politiques.

Ghislain AWAGA :

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En substance, les traders à haute fréquence profitent des crises et attendent la survenue de la prochaine. Au départ pourtant, l’idée était de rendre les marchés financiers pus stables par de meilleures prévisibilités et des infrastructures plus rapides. Mais l’inverse s’est produit. L’automatisation les a fragilisés car aucun système électronique n’est à l’abri du piratage.

Le concept de ces robots reste le traitement le plus efficacement possible à l’aide d’algorithmes, une première condition pour réussir sur les marchés boursiers modernes. La seconde est de disposer du circuit de données le plus rapide qui soit. Mais la majorité des personnes ignore que les pilonnes installés près de chez eux jouent un rôle clé dans une course à l’information visant à gagner quelques millionièmes de seconde.


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